Premier jour d’hiver

12.21.2018

21 décembre 2018, cette nuit, la plus longue de l’année, le vent a secoué la toiture, la pluie a déferlé sur les volets et j’ai écouté ce ramdam du fond de mon lit, emmitouflée dans une couette de plume. J’ai toujours aimé les tempêtes, du moins, celles que l’on peut vivre de l’intérieur d’un foyer, à l’abri des éléments déchaînés.

Je n’oublierai jamais celles de mon enfance, lorsque, sur l’île d’Ouessant, s’abattait la furie des vents et que la mémé, rassurante, nous disait de ne pas nous inquiéter, que la maison était solide et que ce n’était pas un coup de vent qui en soulèverait le granit, ni le toit cimenté avec soin par le vieux.

Nous la croyions… Comment faire autrement? Mes frères et moi, faisant mine d’être rassurés, montions donc nous coucher et écoutions, de longues heures, le grincement des poutres et le sifflement chuintant du vent dans les moindres fissures. Malgré nos promesses de rester éveillés, nous finissions toujours par tomber de sommeil.

Au matin tout était calme. Parfois le brouillard enveloppait l’île et c’est le long cri de la corne de brume qui berçait nos réveils. Encore un son que je n’oublierai pas.

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