Lumière…

12.24.2018

Je ne sais pas pour vous, mais moi, ce Noël, c’est de lumière dont je vais avoir besoin.

Je ne parle pas de la lumière des petites loupiotes du sapin, des jolies décorations de la ville, ou de celle, frissonnante, des bougies rouges ou blanches qui orneront les tables ce soir, au milieu des pommes de pin et des victuailles. Même un phare dans la nuit ne saurait suffire à me satisfaire, ou alors vraiment la métaphore du phare, car la nuit est bien trop épaisse, ces temps-ci. Presque poisseuse.

Je pense à ceux qui n’ont pas la chance, comme moi, d’être entourés d’amour, d’être entourés, tout court. Je pense à eux, car même au beau milieu de ce bonheur, la nuit dehors me pèse. Alors je n’ose imaginer à quel point cette noirceur, qui réussit à m’atteindre au coeur, peut être lourde à porter pour ceux qui sont moins bien lotis.

Mon job, c’est un peu de faire rêver les gens… Mieux observer ce qui m’entoure pour aider les autres à voir le beau autour de nous, même dans les détails anodins d’un quotidien parfois sordide. Il y a du beau partout, même dans l’humain, à part égale, au moins, avec le moche. A nous d’ouvrir le bon tiroir. Bref, je suis sensée apporter un peu de lumière, en photo ou par les mots. Encore faut-il que je puisse m’en nourrir moi-même…

Alors je suis allée fouiller dans mes disques durs pour vous trouver cette lumière d’un matin de décembre 2016… Elle était surréaliste, superbe, immense. Elle enveloppait tout et je me souviendrai longtemps de cette incroyable sensation d’éblouissement, de bien être et d’espoir. C’est de cette lumière écrasante dont j’ai besoin aujourd’hui, demain, et tous les autres jours.

Cette lumière existe aussi ailleurs. Elle jaillit parfois de petits riens, si on prend bien le temps de les vivre et de les observer. Ce sera le sourire d’un passant croisé dans la rue, ce sera l’aide proposée pour porter des paquets quand on n’a pas assez de deux bras. Ce sera l’inconnu qui saisira l’autre extrémité de la poussette pour grimper avec vous les centaines de marches du métro, parce que, trop provinciale, vous ne saviez pas qu’on ne peut que difficilement utiliser ce moyen de transport avec une poussette, un fauteuil ou des béquilles…

Cette lumière existe dans ce que l’on reçoit, mais aussi, dans tout ce que l’on donne. Ce sera faire demi-tour un peu plus loin (après avoir hésité), pour finalement prendre le stoppeur vu sur bord de la route. Ce sera partager ce que l’on aurait bien gardé pour soi. Essayer de faire au mieux… vraiment, avec le coeur.

Mais par-dessus tout, ce sera bannir ces sentiments qui salissent tout: la haine, l’envie, la rancœur, la violence. Tous ces sentiments négatifs qui nous enferment sur nous-mêmes en rendant le dialogue et l’empathie impossibles.

Je crois vraiment que si l’on n’a pas la chance de voir le soleil de la photo tous les jours, il faut trouver un moyen de le créer autour de nous, de faire naître ces petits bouts de lumière qui font les grands éblouissements, ou simplement la vie plus belle. Au boulot!!!

Joyeux Noël à tous,

Aurélie Prouff

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